Grindr، Happn، Tinder: que se passe-t-il sur les Applications de rencontre pendant le privinement؟

Translating…

Question posée par Guillaume R le 17/03/2020

Bonjour,

Vous nous demandez si les applications et les sites de rencontre sont toujours disponibles malgré les mesures de confinement imposées aux Français. Nous nous sommes donc rendus sur plusieurs d’entre elles.

A notre connaissance, aucune de ces plateformes n’a suspendu ses services. Certaines d’entre elles ont affiché des messages de prévention quelques jours avant le confinement, invitant à respecter les gestes barrières pour lutter contre le Covid-19, au sein de l’application comme Grindr et Happn, ou simplement sur les réseaux sociaux.

«On ne sait pas qui a besoin d’entendre ça, mais ce n’est pas le moment de sortir dans un bar avec votre date. FaceTime, Skype, appels, SMS, messages via l’application… sont tous très romantiques en ce moment», indiquait par exemple le compte Twitter d’OkCupid (en anglais), le 16 mars.

Après la mise en place du confinement, la célèbre application de rencontre Tinder a, elle, demandé sur Instagram à ses utilisateurs de«ne pas proposer ni [d’]accepter de date physique jusqu’à nouvel ordre».

We don’t know who needs to hear this, but now is NOT the time to go out with your date to a bar. FaceTime, Skype, call, text, call, message on our app….all very romantic right now.

— OkCupid (@okcupid)March 16, 2020

Il va falloir faire des premiers rendez-vous en FaceTimehttps://t.co/Gi6ZOpBn28

— AdopteUnMec (@AdopteUnMec)March 16, 2020

Eviter la désertification

Plusieurs applications ont aussi fait le choix d’étendre des fonctionnalités, afin notamment de garantir un panel varié de profils proposés, principale promesse de ces plateformes. Par exemple, Tinder a annoncé que la fonctionnalité «Passeport»,qui permet de voir les profils de personnes dans d’autres villes et à l’étranger,sera accessible gratuitement pour tous jusqu’au 30 avril. L’application Happn, qui propose de«retrouver qui vous croisez»,a étendu son rayon de recherche jusqu’à 90 kilomètres, au lieu des 250 mètres initiaux.

Pour ces applications, il s’agit aussi de favoriser le dialogue quand les rencontres ne sont plus possibles.«Cette fonctionnalité peut permettre aux utilisateurs de croiser plus de personnes et de ne pas être seuls en cette période un peu étrange»,explique l’entreprise française.

«Pendant cette période compliquée et pour la sécurité de tous, il est primordial de rester chez soi. Avec l’isolement et la fermeture des commerces, nos relations humaines sont bousculées. Ainsi, il est essentiel de continuer à échanger et de se parler comme nous avons pu le constater au sein de la communauté»,abonde Tinder. Enfin, l’application Once (qui propose un nombre limité de profils par jour) a mis en place une option «live vidéo», comme l’expliquent nos confrères de BFM TV.

Le confinement profite aux discussions via messagerie

Au-delà de ces nouvelles offres, les habitudes changent elles aussi avec l’arrivée du Covid-19.«Nous avons remarqué que dès qu’une zone est, malheureusement, particulièrement affectée, le nombre de tchats augmente, et ils durent même plus longtemps. Nous remarquons également que de plus en plus de membres utilisent leurs bios pour partager leur inquiétude («comment ça va ?») et non plus seulement pour se présenter»,explique par exemple Tinder.

Même constat chez Happn, qui a sondé 8 000 de ses utilisateurs au début de l’épidémie (quelques jours avant le confinement).«70% des utilisateurs confient discuter davantage dans l’application. Cependant, confinés ne veut pas dire arrêter totalement de “dater”. Pour les plus impatients, la solution vidéo semble être appréciée : sur Happn, ils sont 54% à envisager un premier rendez-vous en ligne (via FaceTime par exemple)»,nous indique-t-on.

«C’est un palliatif au confinement»

«Cherche rouleau de PQ»,«Ici pour faire connaissance avant d’aller pouvoir à nouveau boire un verre»,«Pas de plan pendant le confinement» : côté utilisateurs, les références au confinement apparaissent sur les profils comme autant de sujets de blague, techniques d’approche ou, à l’inverse, d’avertissement. En privé, dans les messageries, certains viennent chercher la discussion.«Ça va être cool d’échanger avec les autres et voir comment ils passent leur temps pendant cette période, et pourquoi pas les rencontrer après»,explique Ben (1), inscrit sur Tinder. Marion prévoit aussi d’aborder le sujet«[pour] lui demander si iel est en sécurité, aussi pour aider si jamais la personne est seule de chez seule».

Certains prévoient déjà le retour à la normale,«proposent directement un rendez-vous dans deux semaines, et tchattent en attendant»,explique Jean, croisé sur Tinder. Pour lui,«il n’est pas impossible de sortir»,et, en fonction du feeling,«allez chez l’un ou chez l’autre est toujours une possibilité à ne pas exclure». «Les plans que j’ai vus, c’est sortir faire du sport et se retrouver»,observe aussi Thibaud, utilisateur de l’application Grindr. S’il respecte les restrictions imposées par le gouvernement, Thibaud appréhende la suite.«Là, c’est le début, tout le monde se regarde en chien de faïence. A un moment donné, ça ne va pas être possible, une quarantaine de trente jours»,raconte-t-il sur le ton de l’humour.

Hadrien, aussi présent sur Grindr, s’inquiète de son côté de la réaction de certains utilisateurs, qui«ne comprennent pas du tout».«Ça accentue les échanges, les plans vidéos, mais il y a encore des gens qui se disent que c’est portes ouvertes. J’ai eu une discussion avec un mec qui m’a répondu : “Je ne couche pas avec n’importe qui”, alors que je venais de lui dire qu’on pouvait être porteur sans symptômes. C’est typiquement le genre de truc qu’on entend sur le VIH, le sida»,explique-t-il. Pour lui, le respect ou non des mesures de restriction a son importance.«Pour moi qui respecte le confinement, ça casse l’attirance de me dire que cette personne est bête»,observe-t-il. Hadrien prévoit toutefois de continuer à y aller, comme d’autres,«par réflexe, par ennui, ou pour avoir des échanges. C’est un palliatif au confinement et puis ça m’évite de recontacter mon ex».

(1) Tous les noms ont été changés à la demande des intéressés.

Emma Donada

 

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